Les temps modernes est un film de Charlie Chaplin, réalisé en février 1936. A cette époque, c'est pratiquement la fin du cinéma muet, se sera donc le dernier film muet de ce chef de la pantomime. Charlot donne ici naissance à un chef-d'oeuvre, dénonçant la dure réalité et le quotidien d'un homme tout d'abord ouvrier puis, à la recherche d'un emploi et d'argent.

Le film, satyre de la société, débute d'ailleurs sur une juxtaposition symbolique car nous avons, opposés : un troupeau de moutons fuyant les tondeuses et une centaine d'ouvriers se ruant hors d'une usine.

 

Voici le synopsis : Dans une gigantesque usine, de nombreux ouvriers sont soumis au rythme du travail à la chaîne. Un ouvrier, Charlot, perturbe régulièrement ses associés par sa distraction… A peine la cadence est-elle accélérée que Charlot est déjà pris entre les dents d'une machine géante. Il sombre alors dans une folie furieuse et se retrouve à l'hôpital, puis en prison suite à un malentendu. Il finit par être relâché mais regrette le confort trouvé en prison. Dans la rue, il fit la rencontre d'une jeune fille orpheline, elle aussi affamée. Tous deux s’enfuient grâce à un accident. Ils rêvent d’une vie bourgeoise dans une petite maison et d’un ventre chaque jour plein... Après plusieurs tentatives pour trouver un travail, Charlie rejoint la petite orpheline engagée comme danseuse dans un restaurant. Elle réussit à introduire Charlot en le faisant passer pour un serveur-chanteur. C'est une véritable catastrophe mais involontairement, paroles et danses sont improvisées et Chaplin fait merveille. Hélas, il faut encore fuir. Le couple décide alors d'abandonner la ville et de partir vers un horizon certes incertain, mais commun...

 

Le principal thème du film, c'est la lutte pour la survie. Une lutte menée conjointement par les deux personnages principaux, à savoir Charlie Chaplin dans le rôle de "l'ouvrier" et Paulette Goddard pour "la gamine". En effet Chaplin en fait des rescapés mentaux dans un monde où ils n'avaient aucun espoir :

Les deux seuls esprits vivants dans un monde d'automates. Ils vivent vraiment. Tous deux ont un esprit éternellement jeune et sont absolument immoraux.

Vivants parce que nous sommes des enfants sans aucun sens des responsabilités, alors que le reste de l'humanité croule sous le devoir.

Nos esprits sont libres.

Il n'y a aucune ambiguïté dans leur relation; vraiment deux compagnons de jeu associés dans le délit, camarades, bébés dans les bois.

Nous mendions, empruntons, volons pour vivre. Deux esprits joyeux vivant leurs désirs.

Pour ajouter au film tout son aspect comique, Charlot se sert de ses talents d'acteurs, car, en effet il ne dispose que de moyens rudimentaires, ridicules, mécaniques et toujours poétiques : du pantin, de la marionnette, de l'inadapté et souvent même de l'enfant. Dans les temps modernes, nous verrons premièrement tout l'aspect maladroit du personnage de Charlot et cela, de l'usine jusqu'au restaurant. Puis deuxièmement, nous nous attarderons sur les nombreuses mimiques qu'utilise Chaplin ainsi que son fréquent jeu de regard.

 

Au commencement du film Charlot apparaît déjà distrait et perturbé par quelqu'un ou quelque chose, en effet, lors du travail à la chaîne il n'est pas concentré et perd rapidement le rythme, ce qui dérange les autres ouvriers dans leur travail. Puis, s'en suit l'épisode du tapis, ou Charlot devient complètement fou et se fait engloutir par une machine qu'il faut alors stopper au plus vite. L'épisode ou Chaplin renverse l'assiette sur les genoux de son associé montre une fois de plus une totale maladresse de sa part. Mais ne serai-ce pas de là que découle tout le charme de la comédie chaplinienne? Toujours dans l'usine, observons Charlot semer la panique autour de lui avec un total dérèglement du système, on le voit même dans les entrailles d'une machine en marche, puis en marche arrière. Ce qui annonce un certain comique de gestes et de situations exploités au fur et à mesure du film. En prison, Charlie, plus maladroit que jamais, saupoudre sa soupe de cocaïne, pensant la saler. Il est donc sous les effet de la drogue et de là, c'est toute une série de gestes plus maladroit les uns que les autres qui s'enchaîne. Grâce à ça, il réussira quand même à mettre fin à une tentative d'évasion. Mais Charlot ne s'arrête pas là, rappelez-vous de la fois ou, bien évidemment, sans le vouloir il fit partir le paquebot sur les mers! Ou encore, la fois ou Charlot ne touchant pratiquement à rien arrive à casser tout l'intérieur de la "cabane" et à s'enfoncer littéralement dans le sol avec une chaise. La dernière partie des temps modernes a lieu dans le restaurant où la gamine a été engagée. Fidèle à sa réputation de maladroit ambulent, Charlot pousse la porte "out" du service de restauration ce qui créé un véritable carnage en cuisine car il fait en même temps tomber le serveur et le plateau. Il se met ensuite à faire une partie de rugby inconsciemment avec les danseurs.

Dans le film, se dégage aussi tout l'aspect basé sur les mimiques et les regards de Charlot inondant chaque scène des temps modernes. Et cela commence dès les premières minutes du film. En effet dans l'usine nous avons droit à toute une palette de regards différents et exagérés, mais aussi à des milliers de gestes dont on ne trouve pas toujours la raison. Le comique de geste débute par la scène du travail à la chaîne lorsqu'une mouche vient se déposer sur le bout de son nez et qu'il se met à faire de grossières grimaces très exagérées. Une fois l'épisode de la mouche fini, on enchaîne directement sur Charlot devenu cette ouvrier complètement fou qui veut resserrer tout ce qui ce trouve sur son passage, comme le nez de ses associés ou encore les boutons de la robe de la secrétaire. Puis vient ensuite le célèbre passage;